Le gouvernement libéral du Canada tente de relancer l’économie

SOITVOIR LE quatre prochaines décennies, la croissance par habitant du Canada devrait être la plus faible OCDE, un club majoritairement composé de pays riches. Le 7 avril, Chrystia Freeland, la ministre des Finances, a cherché à corriger cela. En présentant le budget fédéral pour l’exercice 2022-23, qui a débuté le 1er avril, elle s’est engagée à s’attaquer au problème “insidieux” de la faible croissance de la productivité. Elle a associé cela à une promesse de réduire la dette, qui a grimpé en flèche pendant la pandémie, en proportion de PIB.

Le budget ressemble à une tentative des libéraux, au pouvoir depuis 2015, de reconquérir leur réputation de centrisme après des années d’augmentation des dépenses fédérales. Les critiques disent qu’il est insuffisant. Cela survient alors que la fortune de Justin Trudeau, le premier ministre, s’améliore après une période difficile. La police a expulsé des manifestants antigouvernementaux des rues d’Ottawa, la capitale, en février. La récente flambée des prix des produits de base exportés par le Canada devrait contribuer à protéger son économie d’une baisse prévue de la croissance mondiale. En mars, M. Trudeau, qui dirige un gouvernement minoritaire, a conclu un accord de « confiance et d’approvisionnement » avec les néo-démocrates de gauche (NPD), ce qui le maintiendra probablement au pouvoir jusqu’aux élections de 2025. Les conservateurs de l’opposition sont préoccupés par le choix d’un nouveau chef lors d’un vote qui doit avoir lieu en septembre.

Mme Freeland a également de l’argent à dépenser, en partie à cause d’une reprise économique post-pandémique. Elle prévoit de débourser 9,5 milliards de dollars canadiens (7,5 milliards de dollars) sur cinq ans, soit 0,4 % des dépenses totales, pour des mesures visant à stimuler la construction de logements. Une hausse de 50 % des prix de l’immobilier au cours des deux dernières années est l’une des principales préoccupations des électeurs. La construction devrait doubler au cours de la prochaine décennie. Les étrangers, à qui l’on reproche de manière invraisemblable d’avoir fait grimper les prix, se verront interdire d’acheter des maisons pendant deux ans.

Malgré l’accord avec le NPD, Mme Freeland “a fait preuve d’une certaine retenue” dans ses dépenses, déclare Rebekah Young, économiste à la Banque Scotia. Le budget ne prévoit presque rien de côté pour une proposition, soutenue par les deux partis, visant à assurer une couverture universelle du coût des médicaments sur ordonnance. La dette devrait échouer à partir de 46,5 % de PIB l’an dernier à 41,5 % en 2026-27. Mais le gouvernement devrait faire plus pour limiter les déficits “quand les temps vont bien”, dit Mme Young. Elle soutient que les plans du gouvernement pour soutenir la croissance manquent « d’une vision cohérente ».

L’idée la plus remarquable de Mme Freeland est d’établir un Fonds de croissance du Canada « indépendant ». Initialement capitalisé à 15 milliards de dollars canadiens, il est censé attirer au moins trois fois plus du secteur privé pour stimuler les entreprises vertes et les exportations. Il manque au budget des mesures qui rapporteraient plus, comme inciter les provinces à éliminer les obstacles au commerce. La quête de croissance de Mme Freeland aurait pu être plus audacieuse.

Cet article est paru dans la section The Americas de l’édition imprimée sous le titre “Going for growth”

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