Guerre économique contre une économie réelle : comment l’Occident a peut-être sous-estimé la Russie

La guerre en Ukraine : les atomes contre les bits

À en juger par la couverture médiatique de la plupart des médias occidentaux, la Russie est en train d’être sévèrement battue dans sa guerre contre l’Ukraine. C’est peut-être un artefact de la supériorité de l’Occident (et de l’Ukraine) sur les médias électroniques. Le président ukrainien, Vladimir Zelensky, est, après tout, une ancienne star de la télévision et producteur, qui connaît bien les médias. Et les médias occidentaux regorgent d’histoires de courageux défenseurs ukrainiens battant des envahisseurs russes maladroits, comme cet article du Financial Times.

Grand reportage: comment l’Ukraine a infligé une cuisante défaite aux forces russes lors de la bataille de Kiev https://t.co/aRNhDenRx9

— Lionel Barbier (@lionelbarber) 11 avril 2022

Certains experts militaires, comme le colonel à la retraite de l’armée américaine Douglas Macgregor, affirment que l’armée russe n’a jamais eu l’intention de prendre Kiev, que ses forces déployées dans les environs de Kiev étaient simplement destinées à immobiliser les forces ukrainiennes. Mais ces experts ont perdu la guerre des médias avec la Russie.

Voilà pour les médias (bits). Qu’en est-il du monde physique (atomes) ? Là, l’image est radicalement différente.

Selon les données ci-dessus, l’Ukraine a perdu 91 % de ses chars depuis l’invasion russe, tandis que la Russie a perdu 6,9 % de ses chars.

Une dynamique similaire à l’œuvre dans la guerre économique

Une dynamique similaire peut être à l’œuvre dans la guerre économique de l’Occident contre la Russie. Au cours du week-end, le Financial Times a exprimé son incrédulité que le gestionnaire de fonds “contrarien” Dave Iben n’ait pas réduit à zéro sa position dans Gazprom – qui a expédié des quantités record de gaz vers l’Europe tout au long de la guerre.

Le gestionnaire de fonds Contrarian met en garde contre la radiation d’actifs russes https://t.co/z4Cm226dxq

– Financial Times (@FT) 10 avril 2022

De même, le président Biden a plaisanté après avoir imposé des sanctions sans précédent à la Russie que le rouble était désormais des “décombres”, mais la monnaie russe a déjà retrouvé ses niveaux d’avant-guerre.

Il semble que la classe des ordinateurs portables en Occident ait sous-estimé la résilience et la taille de l’économie russe, car elle est davantage basée sur le monde physique que la nôtre. Cette observation a été étoffée par l’économiste français Jacques Sapir, comme Arnaud Bertrand l’a partagé dans le fil Twitter ci-dessous.

Le gestionnaire de fonds Contrarian met en garde contre la radiation d’actifs russes https://t.co/z4Cm226dxq

– Financial Times (@FT) 10 avril 2022

Cependant, c’est la pire façon possible de comparer la taille des économies. Une manière légèrement plus précise consiste à ajuster la PPA (parité de pouvoir d’achat : https://t.co/SmlsvzplMB). Lorsque vous le faites, vous réalisez déjà que l’économie russe ressemble en fait plus à la taille de celle de l’Allemagne.

— Arnaud Bertrand (@RnaudBertrand) 10 avril 2022

Il dit que lorsque vous vous adaptez à cela, l’économie de la Russie est bien plus importante que celle de l’Allemagne. Son estimation est que la Russie représente en fait peut-être “5 % ou 6 % de l’économie mondiale”, presque le double de la taille à laquelle elle est normalement estimée sur une base PPA (https://t.co/I0WHghMEk3)

— Arnaud Bertrand (@RnaudBertrand) 10 avril 2022

C’est une façon fascinante de voir les choses et cela sonne très vrai. Cette crise nous fait prendre conscience que nous avions l’habitude de considérer la fabrication, l’industrie et les matières premières comme allant de soi, c’est-à-dire un côté désuet de l’économie par rapport à de nouveaux “services” brillants.

— Arnaud Bertrand (@RnaudBertrand) 10 avril 2022

Bertrand étend ensuite cette analyse à la Chine et à l’Amérique.

Il est également très intéressant de réévaluer l’économie chinoise à travers cette lentille. Si nous regardons l’économie chinoise simplement sur la base des taux de change, c’est une économie de 17,7 billions de dollars contre 23 billions de dollars américains.

— Arnaud Bertrand (@RnaudBertrand) 10 avril 2022

Dans l’ensemble, cela signifie que les économies combinées de la Chine et de la Russie représentent en fait probablement environ 35 % de l’économie mondiale si l’on tient compte de la PPA et de la compensation de la surévaluation du secteur des services.

— Arnaud Bertrand (@RnaudBertrand) 10 avril 2022

Se concentrer sur le physique

Si vous regardez nos meilleurs noms de vendredi, notre système ne prend pas le monde physique et l’économie qui en dépend pour acquis.

Capture d’écran via Portfolio Armor le 08/04/2022.

Voici comment ce top dix se décompose :

  • Du blé: Fonds de blé Teucrium BLÉ
  • Gaz de pétrole: Occidental Petroleum Corp. OXY, Direxion Daily S&P Oil & Gas Exp. & Prod. Bull 2x Actions JETet Fonds pétrolier des États-Unis LP UTILISER.
  • L’énergie solaire domestique : Enphase Energy, Inc. ENPH
  • Engrais: CF Industries Holdings, Inc. CF
  • Charbon : Peabody Energy Corp. BTU
  • Aluminium : Century Aluminium Co. CENX
  • Café: iPath, série B Bloomberg Coffee Subindex Total Return ETF JO
  • Or: FNB VanEck Vectors Junior Gold Miners GDXJ

Ce sont les noms que notre système place dans les portefeuilles pour les six prochains mois. Ils sont bien placés pour bénéficier du régime de sanctions rendant la nourriture et l’énergie plus chères, et dans le cas de GDXJ, du fait que la Russie lie sa monnaie à l’or.

Cependant, comme toujours, nous suggérons aux lecteurs qui achètent l’un de nos grands noms d’envisager une couverture, au cas où nous finirions par nous tromper ou si le marché jouait contre nous. Vous pouvez utiliser notre site Web ou notre application iPhone pour rechercher des haies optimales sur chacun de nos grands noms.

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