Chronologie de la pire crise économique du Sri Lanka depuis l’indépendance | Affaires et économieActualités

Un aperçu de l’évolution de la crise dans la nation insulaire au cours des deux dernières semaines.

Le Sri Lanka, qui est embourbé dans une profonde crise politique et économique, a annoncé qu’il suspendait les paiements sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars.

La nation insulaire de 22 millions d’habitants connaît de graves pénuries de nourriture, de carburant et d’autres produits essentiels, une crise qui a infligé une misère généralisée lors de la pire récession depuis l’indépendance du Royaume-Uni en 1948.

Le pays d’Asie du Sud est sorti d’une guerre civile dévastatrice en 2009, pour être secoué par les attentats à la bombe contre les églises du dimanche de Pâques en 2019 avant d’être durement touché l’année suivante par la pandémie de COVID-19, qui a torpillé son secteur touristique vital.

Voici comment la crise s’est déroulée ces derniers jours :

31 mars : le domicile du président menacé

Des centaines de manifestants, rassemblés par des militants non identifiés des médias sociaux, tentent de prendre d’assaut le domicile du président Gotabaya Rajapaksa, exigeant sa démission.

La police tire des gaz lacrymogènes et des canons à eau, et au moins un homme est grièvement blessé. Le capital est placé sous courbe.

Les manifestants ont mis le feu à un bus garé sur la route menant à la résidence du président Gotabaya Rajapaksa alors que le pays touché par la crise faisait face à des coupures d’électricité de 13 heures [File: Dinuka Liyanawatte/Reuters]

1er avril : Etat d’urgence

Alors que les manifestations se propagent, Rajapaksa déclare l’état d’urgence, donnant aux forces de sécurité des pouvoirs étendus pour arrêter et détenir les suspects.

2 avril : Troupes déployées, couvre-feu

Le Sri Lanka déclare un couvre-feu national de 36 heures et déploie des troupes.

L’ordre prend effet au crépuscule et devait être levé le matin du 4 avril, selon la police – une période qui couvre les manifestations antigouvernementales de masse prévues.

3 avril : le Cabinet démissionne

Le gouvernement bloque brièvement l’accès aux médias sociaux avant que l’interdiction ne soit levée à la suite d’une décision du Conseil des droits de l’homme du pays.

La quasi-totalité du cabinet sri-lankais démissionne lors d’une réunion de fin de soirée, laissant Rajapaksa et son frère Mahinda, le Premier ministre, isolés.

4 avril : Plus de démissions

Rajapaksa propose de partager le pouvoir avec l’opposition sous une administration d’unité qu’il dirigerait avec son frère Mahinda. Il est repoussé.

La négociation est interrompue à la bourse du Sri Lanka.

Le gouverneur de la banque centrale, ayant résisté aux appels à demander un renflouement du Fonds monétaire international (FMI), annonce sa démission.

Des manifestants sri-lankais déguisés en président Gotabaya Rajapaksa et ses frères marchent dans une rue de Colombo, au Sri Lanka.
Des manifestants déguisés en président Gotabaya Rajapaksa, à droite, et ses frères, l’ancien ministre des Finances Basil, à gauche, et le Premier ministre Mahinda marchent lors d’une manifestation à Colombo, au Sri Lanka [File: Eranga Jayawardena/AP]

5 avril : le président perd la majorité

Les problèmes de Rajapaksa s’aggravent alors que le ministre des Finances Ali Sabry démissionne juste un jour après sa nomination.

Le président assiégé perd sa majorité parlementaire alors que d’anciens alliés le poussent à démissionner. Il lève l’état d’urgence.

7 avril : Plaidoyer concordataire

Rajapaksa nomme un groupe d’experts pour organiser une restructuration de la dette alors que les agences de notation mettent en garde contre un défaut imminent.

8 avril : Hausse record des taux

La banque centrale du pays relève les taux d’intérêt d’un record de 700 points de base dans le but d’arrêter la chute libre de la roupie sri-lankaise, qui a plongé de plus de 35% en un mois.

9 avril : la plus grande manifestation de rue

Des dizaines de milliers de personnes marchent sur le bureau du président assiégé dans la plus grande manifestation à ce jour, exigeant que Rajapaksa démissionne.

Des manifestants participent à une manifestation à Colombo le 9 avril 2022. -
Des manifestants participent à une manifestation dans la capitale Colombo le 9 avril 2022 [Ishara S Kodikara/AFP]

10 avril : Pénuries de médicaments

Les médecins du Sri Lanka disent qu’ils sont presque à court de médicaments vitaux, avertissant que la crise pourrait finir par tuer plus que la pandémie de coronavirus.

11 avril: MP s’il vous plaît pour la patience

Le Premier ministre Mahinda Rajapaksa plaide pour la « patience » face à de nouvelles manifestations de masse.

12 avril : défaut de paiement de la dette extérieure

Le pays annonce qu’il fait défaut sur l’intégralité de sa dette extérieure de 51 milliards de dollars en «dernier recours» après avoir manqué de devises pour importer des biens dont il a désespérément besoin.

Une déclaration du ministère des Finances promet « un traitement juste et équitable de tous les créanciers » avant un programme de redressement assisté par le FMI.

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(Al Jazeera)

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