Opinion: Ottawa se rapproche d’une vision pour l’avenir de l’économie verte du Canada, mais le budget montre qu’il manque encore de conviction

Au moins, Ottawa a parié sur la façon dont il pense que le secteur pétrolier et gazier peut et doit changer, et a mis son argent là où il se trouve grâce au généreux nouveau crédit d’impôt, écrit Adam Radwanski.Todd Korol/Reuters

Au-dessus du budget présenté par la ministre des Finances, Chrystia Freeland cette semaine, se posaient deux questions fondamentales et épineuses sur la place du Canada dans une économie mondiale qui sera refaçonnée par la lutte contre les changements climatiques.

Sur l’un d’eux – la question de savoir ce qu’il adviendra des industries canadiennes existantes, en particulier le secteur pétrolier et gazier – le gouvernement fédéral est sorti du budget en ayant choisi une voie avec plus de confiance qu’à tout autre moment depuis que les libéraux de Justin Trudeau sont arrivés au pouvoir plus de six il y a des années

D’autre part – la question de savoir sur quelles nouvelles industries le Canada comptera pour soutenir la concurrence dans un monde en voie de décarbonisation alors que la demande pour ses produits traditionnels diminue – la clarté et l’esprit de décision demeurent plus insaisissables.

L’effet combiné est un sentiment de progrès vers la réalisation des objectifs climatiques et la transition de l’économie nationale qui est important mais encore trop timide pour correspondre au moment.

Le temps et les ressources manquent – ​​comme le souligne l’évaluation du budget selon laquelle plus de 125 milliards de dollars d’investissements annuels liés au climat sont nécessaires d’ici 2050 pour passer à une économie nette zéro, ce qui est tellement supérieur au taux actuel que le gouvernement ne peut à lui seul combler l’écart. Pourtant, de nombreuses stratégies visant à utiliser les fonds publics pour mobiliser les capitaux privés nécessaires sont poursuivies avec quelque chose de moins qu’une conviction totale.

Alors que nous en savons maintenant beaucoup plus sur la route préférée d’Ottawa – impliquant l’avenir du secteur des combustibles fossiles du pays – le budget était l’aboutissement d’une série d’événements récents éclairants.

À la fin du mois de mars, le gouvernement a prêché une grande partie de son nouveau plan pour atteindre les objectifs climatiques du Canada en partant du principe que le secteur peut réduire ses émissions de plus de 40 % au cours de cette décennie en nettoyant sa production, plutôt que par des réductions forcées de combien cela produit.

Plus tôt cette semaine, il a donné le feu vert au projet pétrolier proposé de Bay du Nord au large de Terre-Neuve-et-Labrador, en grande partie sur la base qu’il aura de faibles émissions de production par baril par rapport à la plupart des extractions de pétrole canadiennes. Presque simultanément, le ministre de l’Environnement Steven Guilbeault a envoyé une lettre à Suncor Energy Inc., l’informant que son projet d’expansion de sa mine de base dans les sables bitumineux de l’Alberta est actuellement sur le point d’être rejeté en raison de son intensité d’émissions relativement élevée.


Investissement annuel pour atteindre le zéro net

émissions au Canada d’ici 2050

Total des investissements privés et gouvernementaux,

en milliards de dollars

Courant

annuel

investissement

obligatoire

annuel

investissement

LE GLOBE ET LE COURRIER, SOURCE :

BUDGET FÉDÉRAL 2022

Investissement annuel pour atteindre le zéro net

émissions au Canada d’ici 2050

Total des investissements privés et gouvernementaux,

en milliards de dollars

Annuel en cours

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Requis annuellement

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LE GLOBE ET LE COURRIER, SOURCE : BUDGET FÉDÉRAL 2022

Investissement annuel pour atteindre zéro émission nette au Canada d’ici 2050

Total des investissements privés et gouvernementaux, en milliards de dollars

Annuel en cours

investissement

Requis annuellement

investissement

LE GLOBE ET LE COURRIER, SOURCE : BUDGET FÉDÉRAL 2022

Et puis, dans le budget, Mme Freeland a confirmé ce que le gouvernement offrira aux producteurs de pétrole et de gaz (ainsi qu’à d’autres industries à grandes émissions) pour aider à décarboner leurs opérations existantes. Il s’agit d’une importante subvention, sous la forme d’un crédit d’impôt à l’investissement remboursable de 50 % dans la plupart des cas, pour le captage du carbone, la technologie naissante sur laquelle le secteur place ses espoirs pour rendre ses opérations plus durables.

Tout cela revient à dire qu’Ottawa a adopté l’argument, avancé par les producteurs nationaux et leurs alliés, selon lequel le Canada devrait rivaliser pour produire du pétrole de la manière la plus durable possible, tant qu’il y aura une demande mondiale. Cela repose sur l’hypothèse que cette demande sera satisfaite par d’autres pays si nous choisissons de ne pas y répondre.

Ainsi, grâce à une combinaison de subventions comme celles du budget, permettant des décisions comme celles de cette semaine et des plafonds à venir sur les émissions sectorielles totales, le gouvernement tentera de transformer l’industrie plutôt que de s’en éloigner rapidement.

Ce n’est pas une approche qui plaira à tout le monde, c’est le moins qu’on puisse dire.

Les groupes environnementaux soutiendront que la production de pétrole soutenue ou accrue est immorale. En effet, même si les émissions de production sont minimisées, un approvisionnement mondial supplémentaire pourrait ralentir la réduction de la consommation de combustibles fossiles, ce qui entraîne plus d’émissions que la production elle-même.

Les propulseurs du secteur pétrolier, comme le gouvernement de l’Alberta, se demanderont si la nouvelle subvention de capture du carbone sera suffisante pour lui permettre de répondre aux attentes de réduction des émissions de production. Et ils préviendront que les prochains plafonds d’émissions forceront des réductions de production malgré l’insistance d’Ottawa sur le contraire.

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Vraiment, la prétendue foi du gouvernement fédéral dans des réductions massives des émissions par baril cette décennie est si optimiste qu’elle devrait causer de l’anxiété aux deux côtés du débat.

Mais au moins, Ottawa a fait un pari, sur la façon dont il pense que le secteur pétrolier et gazier peut et doit changer, et a mis son argent à sa bouche grâce au généreux nouveau crédit d’impôt.

À première vue, il a fait la même chose avec les industries qui pourraient aider à répondre aux besoins et à la demande croissants du monde en sources d’énergie non émettrices.

Après tout, le budget contient une panoplie de soutiens – subventions directes, crédits d’impôt, nouvelles agences – pour essayer de stimuler presque toutes les formes de développement de technologies propres possibles.

Mais dans un plan budgétaire qui dépense relativement peu dans l’ensemble par rapport aux normes récentes, limité par le souci de tracer une voie pour sortir des déficits importants et des engagements envers d’autres investissements sociaux, essayer de couvrir toutes les bases de la croissance propre revient à barboter.

Le seul domaine émergent d’avantage concurrentiel potentiel qu’il est le plus près d’attaquer avec enthousiasme est celui des minéraux critiques, pour lesquels il promet une stratégie d’une valeur pouvant atteindre 3,8 milliards de dollars sur huit ans. Cela comprend un crédit d’impôt pour l’exploration et des actions accréditives connexes, ainsi que des investissements dans les infrastructures pour rendre les projets miniers viables.

C’est un domaine d’intérêt sensible et prometteur, en particulier compte tenu du récent succès d’Ottawa à s’associer aux gouvernements provinciaux de l’Ontario et du Québec pour attirer des engagements de fabrication de véhicules électriques. Cela pourrait aider à fournir des clients pour les composants minéraux produits dans le pays tels que le lithium, le cobalt et le nickel. Et les vastes réserves minérales du Canada ont également un potentiel d’exportation considérable, car la production non seulement de véhicules électriques, mais aussi d’électricité renouvelable et d’autres technologies vertes s’accélère à l’échelle mondiale.

Mais le Canada doit démontrer d’une manière ou d’une autre qu’il peut saisir ces opportunités plus rapidement qu’il ne l’a fait par le passé, sans compromettre les normes environnementales et éthiques qui devraient lui donner un avantage sur ses concurrents internationaux.

Et regarder une carte dans le budget montrant de multiples possibilités d’exploitation minière et de raffinage dans presque toutes les provinces, principalement dans des régions éloignées, c’est avoir l’impression que l’ampleur de l’investissement requis du gouvernement pourrait devoir être plus robuste que quelques centaines de millions de dollars il a promis en moyenne annuellement.

Sinon, les libéraux de M. Trudeau semblent pour la plupart agnostiques quant à la destination exacte de leurs dépenses dans les industries émergentes à faible émission de carbone, y compris dans le Fonds de croissance du Canada, le plus grand nouveau véhicule du budget pour ce type d’investissement.

Bien que le gouvernement se soit engagé à capitaliser le programme à hauteur de 15 milliards de dollars sur cinq ans, grâce à la réaffectation des fonds gouvernementaux existants non encore dépensés, sa conception actuelle est toujours en suspens. Les premières indications, cependant, sont que l’objectif du fonds – qui est de fonctionner indépendamment du gouvernement – sera d’utiliser des fonds publics pour attirer des investissements privés dans pratiquement toutes les formes de technologies propres.

Bien que la conception soit différente, il y a ici des échos de l’actuel Net Zero Accelerator de 8 milliards de dollars, dans le cadre du Fonds stratégique pour l’innovation supervisé par le ministère de l’Industrie. C’est le programme sur lequel le gouvernement s’est récemment appuyé pour subventionner en partie les engagements de fabrication de véhicules électriques, entre autres, il a donc eu ses victoires.

Mais c’est aussi un sac à main qui n’a pas de stratégie ou de priorisation sectorielle inhérente, avec un risque d’inefficacité lorsque le gouvernement y puise pour consolider des investissements qui, dans certains cas, pourraient se produire de toute façon. Un double de cela semble mieux évité.

Le budget contient également d’autres nouvelles mesures générales pour stimuler les investissements verts, notamment un élargissement du mandat de la Banque de l’infrastructure du Canada en matière de technologies propres et un crédit d’impôt détaillé de 30 % « axé sur les technologies à consommation nette zéro ». , le stockage sur batterie et l’hydrogène propre.

Il serait peut-être insensé de ne choisir que quelques-uns de ces domaines de croissance potentiels – l’hydrogène, par exemple, est actuellement extrêmement en vogue en raison d’une course mondiale pour l’approvisionner pour les industries difficiles à décarboniser – et de les cibler à l’exclusion de tout autre.

Mais un certain degré de risque, en essayant de se tailler des domaines particuliers de la transition énergétique mondiale où le Canada peut diriger, serait sain à ce stade.

C’est parce qu’il y a aussi un danger à couvrir les paris sur l’ensemble du spectre des technologies propres. Tout en gardant toutes les portes ouvertes, le Canada pourrait se retrouver à la traîne de concurrents internationaux plus ciblés à travers chacune d’elles.

Bien que le gouvernement adopte un plus grand interventionnisme au nom d’attirer des capitaux privés, il y a une passivité dans la façon dont il se met en place pour voir quel type d’investissement cela apporte. Et cela pourrait signifier un échec à en avoir pour son argent, car il alloue des fonds publics rares à une transition extrêmement coûteuse.

Il a fallu beaucoup de temps à Ottawa pour arriver là où il voit les industries existantes à fortes émissions évoluer dans un monde à faibles émissions de carbone ; même maintenant, il pourrait le communiquer plus clairement.

Il n’a pas autant de temps pour mettre davantage l’accent sur sa vision des industries de l’avenir, si le Canada veut éviter d’être laissé pour compte.

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