Comment la guerre de la Russie en Ukraine a secoué l’économie mondiale

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Paris (AFP)- En un mois de conflit en Ukraine, les prix mondiaux du pétrole ont grimpé en flèche, les entreprises étrangères ont quitté la Russie et Moscou fait face au spectre du défaut de paiement.

Voici un aperçu des retombées économiques de l’invasion de son voisin par la Russie le 24 février :

Le rêve des matières premières

Les prix du pétrole et du gaz ont augmenté en raison des craintes d’approvisionnement, la Russie étant l’un des plus grands producteurs et exportateurs de combustibles fossiles au monde.

Le Brent de la mer du Nord, la référence internationale, s’élevait à environ 90 dollars en février. Le 7 mars, il a bondi à 139,13 $, près d’un sommet de 14 ans et les prix restent très volatils.

Les prix ont également augmenté à la pompe, incitant les gouvernements à prendre des mesures pour atténuer les difficultés financières des consommateurs : baisse de la TVA en Suède, plafonnement des prix en Hongrie ou réduction en France.

Les prix du gaz ont également grimpé en flèche, la référence européenne néerlandaise TTF ayant atteint un niveau record à 345 euros le 7 mars.

Les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne ont annoncé l’interdiction du pétrole russe.

L’Union européenne a évité les sanctions contre le secteur énergétique russe, car des pays comme l’Allemagne dépendent fortement de l’approvisionnement en gaz de Moscou.

D’autres matières premières massivement produites en Russie se sont envolées, notamment le nickel et l’aluminium.

Les chaînes d’approvisionnement de l’industrie automobile sont confrontées à des perturbations car des pièces essentielles proviennent d’Ukraine.

menace alimentaire

Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a averti que le conflit pourrait se répercuter bien au-delà de l’Ukraine, provoquant un “ouragan de la faim et un effondrement du système alimentaire mondial”.

La Russie et l’Ukraine sont des greniers à blé pour le monde, représentant ensemble 30 % des exportations mondiales de blé.

Les prix des céréales et des huiles de cuisson ont augmenté.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture affirme que le nombre de personnes sous-alimentées pourrait augmenter de huit à 13 millions de personnes au cours de cette année et de l’année prochaine.

Les navires ne quittent pas l’Ukraine et la saison des semailles à venir dans le pays suscite des inquiétudes.

Les États-Unis, l’Inde et l’Europe pourraient couvrir les pénuries de blé. Mais il pourrait être plus compliqué de remplacer l’huile de tournesol et le maïs, dont l’Ukraine est respectivement le premier et le quatrième exportateur mondial.

Les marchés se sont secoués

Les marchés boursiers avaient commencé 2022 sur une bonne note alors que les économies se remettaient de la pandémie de Covid et que les entreprises affichaient de bons résultats.

Mais la guerre a apporté de la volatilité sur les marchés alors que la bourse de Moscou a fermé pendant trois semaines et n’a rouvert que partiellement lundi.

Les sanctions occidentales ont paralysé le secteur bancaire et le système financier russes, tandis que le rouble s’est effondré.

Les mesures comprennent des efforts pour geler 300 milliards de dollars des réserves de devises étrangères de la Russie détenues à l’étranger.

La Russie est désormais confrontée au risque de défaut de paiement de sa dette pour la première fois depuis des décennies.

Moscou a payé des intérêts sur deux obligations libellées en dollars la semaine dernière, donnant au gouvernement un peu de répit jusqu’aux prochains paiements de la dette dans les semaines à venir.

toison ferme

Des centaines d’entreprises occidentales ont fermé des magasins et des bureaux en Russie depuis le début de la guerre, en raison des sanctions, des pressions politiques ou de l’opinion publique.

La liste comprend des noms célèbres tels que Ikea, Coca-Cola et MacDonald’s.

Le président russe Vladimir Poutine a menacé de nationaliser les entreprises étrangères.

Certaines entreprises ont choisi de rester en Russie, invoquant leur responsabilité sociale de ne pas abandonner leurs employés locaux et de priver la population de biens essentiels.

croissance plus lente

La guerre menace de freiner la reprise économique mondiale après la pandémie de Covid.

L’OCDE a averti que le conflit pourrait infliger un coup d’un point de pourcentage à la croissance mondiale.

Le FMI devrait revoir à la baisse ses prévisions de croissance, qui se situent actuellement à 4,4 % pour 2022.

“L’ensemble de l’économie mondiale ressentira les effets de la crise à travers un ralentissement de la croissance, des perturbations commerciales et une inflation plus forte, nuisant en particulier aux plus pauvres et aux plus vulnérables”, ont averti le FMI, la Banque mondiale et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) dans un communiqué. déclaration commune.

Avec la montée en flèche de l’inflation, les analystes craignent que les économies ne soient confrontées à une période de stagflation – un mélange toxique de hausse des prix et de faible croissance.

“Même si la guerre s’arrêtait aujourd’hui, les conséquences de ce conflit se feraient sentir pendant des mois et cela se répercuterait sur les prix des matières premières”, a déclaré à l’AFP l’économiste en chef de la Berd, Beata Javorcik.

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